DEMARCHE

Depuis sa création, Trio Cosmos a construit son premier répertoire à partir de reprises de chants traditionnels issus de différentes cultures (Rom, Zoulou, Bulgare, Amérindienne…). Le chant a cappella nous a donné la liberté de nous affranchir de tout cloisonnement entre les genres, les langues, les styles.

 

Aujourd’hui, nous travaillons à la création d’un spectacle entièrement nouveau, pour 2020, à partir de nos propres compositions. Celles-ci sont inspirées de matériaux puisés dans des musiques de tradition orale du monde entier.

 

Nous orientons notre recherche sur des compositions essentiellement vocales, sans mots (ou très peu). Nous faisons nôtre la pensée de Meredith Monk : “La voix est un instrument à ceci près qu’on éprouve généralement le besoin de lui adjoindre des paroles. C’est qu’on n’a pas compris que la voix est une langue en soi.” (*)

 

Nous construisons notre projet de manière globale et collective, dans des allers-retours entre recherches personnelles et plateau. Le jeu, l’improvisation vocale et corporelle, sont nos moteurs, nos points de départ. Nous travaillons de manière non-linéaire, en assemblant, retranchant, prolongeant des matériaux, sans idée préconçue. Nous cherchons d’abord à ressentir physiquement, dans la voix et le mouvement, ce que réveille en nous la musique. Puis, nous procédons par juxtaposition, en faisant se rencontrer des éléments, qui n’auraient a priori aucun lien, mais qui créent des perspectives, des reliefs, parfois même des vertiges. Dans le même temps, nous inventons des jeux entre les interprètes, comme des contrepoints à la musique.

 

La finalité de la mise en scène est d’éclaircir l’écoute du public, sans la perturber d’images inutiles. Corps et voix des chanteuses sont leurs seuls instruments. Cette situation de dépouillement total, sur un plateau nu, simplement modelé par la lumière, favorise une relation directe entre interprètes et spectateurs. La sonorisation, en créant un espace englobant le public, vient renforcer cette rencontre. Il s’agit de s’offrir aux oreilles et aux regards, non d’imposer sa présence. De ce rapport naît le plaisir de l’écoute, du jeu et la jouissive connivence entre la scène et la salle.

 

(*) »Meredith Monk, une voix mystique », entretiens avec Jean-Louis Tallon,
Editions Nouvelles Cécile Defaut, 2015

 

 

 

Compositions, interprétation

Laurine Arcel, Céline Koenig, Emilie Souillot

 

Création sonore

Coline Ménard

 

Scénographie, lumières

Eric Fassa

 

Mise en scène

Olivier Defaÿsse